Où sont les militants ?
55%... le chiffre est tombé… après une interminable campagne interne pour déterminer la ligne politique du Parti Socialiste des trois prochaines années, une petite majorité de militants s’est déplacée pour donner son vote.
Au-delà du résultat des motions, c’est bien cette faible participation qui interpelle car elle ne fait que confirmer ce que certains pressentaient depuis plusieurs années : un intérêt très relatif aux joutes internes. Cette réalité s’était déjà manifestée lors du vote sur la Déclaration de principes. En effet, il est pratiquement impossible de trouver trace du nombre de militants qui se sont déplacés dans les sections, pour ratifier ou non un texte sensé être la colonne vertébrale du Parti Socialiste pour la prochaine décennie. Et surtout, tout au long de ces dernières semaines, des signes alarmants sont remontés de tout l’hexagone où les assemblées générales de présentation de motions rassemblaient des rangs clairsemés…
Dans ce marasme militant – quoi qu’on en dise – seules les réunions publiques de Ségolène Royal ont montré une capacité à rassembler plus de cinq cents militants en quelque endroit du pays – ce dont on ne peut se satisfaire…
Néanmoins, il serait injuste de reporter les causes de ces désaffections citoyennes à la seule responsabilité du PS. C’est l’ensemble des structures démocratiques qui sont aujourd’hui peu ou proue remises en cause. A cet égard, la faible abstention pour la Présidentielle apparaît comme anachronique, et il convient de s’arrêter plus longuement sur les résultats des dernières Municipales. Celles-ci ont enregistré un véritable déficit démocratique avec un taux de participation peinant à dépasser les 60%, sans même parler des grandes villes où dépasser les 55% relevait d’un authentique exploit !
Ce parallèle permet de mettre en lumière un comportement militant qui n’est donc pas si éloigné du comportement citoyen.
Un premier enseignement peut en être tiré : si le PS a la volonté de faire de la participation de ses adhérents un axe fort de sa rénovation alors il pourra espérer en tirer un bénéfice certain auprès de nos concitoyens.
Un deuxième enseignement semble se confirmer dans le vote interne du 6 novembre : une baisse sensible du poids des « baronnies ». En effet pour beaucoup d’observateurs, ce scrutin, du fait de la forte hémorragie de ces « fameux » cartés à 20€, devait se faire au détriment de la candidate Ségolène Royal. Or il apparaît que même auprès des « militants historiques », elle conserve un fort capital de sympathie. Les primaires socialistes de 2006 avaient déjà fait volé en éclat ce fameux vote au canon et si tous les vieux réflexes n’ont pas encore complètement disparu, loin s’en faut, ils sont néanmoins fortement fragilisés.
Si la future direction du PS, qui sortira du congrès de Reims, aura fort à faire pour redonner une cohérence et une nouvelle force au discours politique ; elle ne pourra néanmoins faire l’impasse d’une profonde réflexion sur la démocratie interne. Le risque est d’aggraver encore un peu plus le désarroi militant et donc des citoyens et de cantonner le PS au rôle d’opposant durable.
PS : oui, c'est une urne funéraire...
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