Tiens mais pourquoi je blogue au fait ?
C’est d’abord un besoin de se retrouver face à une page blanche et poser des mots, bons parfois, plus souvent moins bons mais ce n’est pas là l’important. L’important, c’est de se retrouver, faire un peu le tri dans sa carcasse et l’exposer au vent… drôle d’exercice, exercice psychanalytique… forcément un peu mais davantage une respiration dans une journée qui s’écoule lentement, trop lentement… surtout au boulot…
Je ne sais pas ce qui motivent d’autres copains blogueurs… surtout ceux qui n’ont pas à légitimer leurs fonctions ou à exposer leurs créations, pour moi c’est une respiration et un exutoire… exutoire car à défaut de pouvoir s’exprimer dans des lieux où on ne pratique plus le débat depuis fort longtemps, je tente de donner un sens à ce que je peux être, sans trop de retenue, en tentant de circonscrire mes petits mensonges entre moi.
Etre paresseux et s’astreindre à noircir des lignes et colonnes où quelques décennies plus tôt, certains s’échinaient sur la page, autre temps, autre mœurs mais aussi et c’est peut être là le paradoxe une paresse exaltée par l’instantanéité et la reprise aléatoire du discours.
On n’écrit pas que pour soi, enfin il me semble, on écrit aussi pour partager ; avant « compte d’auteurs » était le seul horizon de l’écrivaillon de mon espèce, nul doute que le découragement était le lot de l’immense majorité, aujourd’hui tu es au moins lu par ta compagne et quelques amis charitables avec un avantage incomparable pour eux … celui de ne pas être obligé de se farcir tes centaines de pages d’une traite… surtout quand elles sont polluées de fautes d’orthographe, de mots engloutis par le pianotage frénétique du clavier, par l’idée qui vient empiéter sur une autre.
Oui, c’est aussi cela, relire le moins possible pour oublier une certaine honte, conscient de ses limites finies… mais aussi et peut être surtout savoir que son cerveau est en vie et même si il pense mal, tous les jours tu es en capacité d’aimer, de brûler, d’hurler sur un événement, des paroles, des images, des sons, des individus.
Se donner en pâture, c’est aussi s’adonner à la pâture… lire l’article d’un ami par plaisir, pour sonder son « Où il en est, lui ». J’aime bien lire Boris, Denis, des postulats différents mais une même volonté de partage… et je regrette que Toine n’ait pas plus de temps, j’aurai aimé pouvoir écrire son article sur la mal bouffe… et l’Olivier M. un jour peut être…
Article inutile, ouais… probablement et alors, moi j’ai pris du plaisir à l’écrire… et écrire c’est aussi un plaisir solitaire.
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