2 millions ; 3,8 milliards…
Deux chiffres, deux chiffres qui couvrent deux réalités très différentes. Le premier nous entraîne vers la détresse humaine, celui de ce qu’on appelle pudiquement les demandeurs d’emploi. Il s’étale depuis hier dans les journaux Pour mieux l’oublier... très vite... car il ne recouvre qu’une réalité officielle consentie à la populace. Celle des gouvernements qui depuis deux décennies, tentent de travestir cette face cachée d’une société de plus en plus inégalitaire, de plus en plus arbitraire.
Le second, c’est celui d’un monde irréel coupé du commun des mortels ; c’est le bénéfice net engrangé par ArcelorMittal pour le seul troisième trimestre de crise, il est en en hausse de 27% par rapport à l’année dernière. Mais pour prévenir toute mauvaise surprise à ses actionnaires du fait de la crise, la direction du groupe a prévu une parade… elle consiste a taillé dans ses effectifs, en somme comme ils disent c’est pour prévenir la gangrène à venir et dans un hochement de tête, nous acquiesçons et louons ces patrons ventripotents pour leur vision stratégique.
Dans les prochains mois, le débat tournera pour nos doctes « sachants » autour de deux mots, récession ou dépression, de deux adjectifs durable ou passagère. Pendant ce temps, les plus fragilisés régleront la note car dans cette société inégalitaire, il n’y a pas lieu de chercher longtemps ceux qui paieront… le travailleur, le salarié, la futur bête de somme (retraite à 70 ans, extension du chômage partiel, travail contraint le dimanche). Rassurons nous, ils parviendront à nous convaincre que c’est un passage obligé avant que la machine reparte ; entre-temps, l’esclavage moderne aura progressé, le servage aura repris ses pleins droits.
Sauf qu’il y aurait comme un petit problème à cette jolie théorie en vigueur depuis une trentaine d’années… Car si il est vrai qu’à chaque sortie de crise, cette fameuse croissance est repartie de plus belle pour le plus grand bonheur de tous et surtout de quelques uns… oui la clef de répartition étant de plus en plus, je suis désolé de me répéter, inégalitaire. Aujourd’hui, nos mêmes doctes économistes (enfin ceux qui ont accès plus facilement aux grands médias) oublient souvent une donnée fondamentale pour ces reprises salvatrices, elles se sont « construites » sur un carburant miraculeux et éphémère… l’endettement des ménages, toujours plus d’endettement avec à l’arrivée un surendettement chronique et non résorbable.
Rappelons-nous, il y a encore quelques mois, il devait s’agit d’une crise passagère due aux seuls subprimes. Aujourd’hui, et naturellement il y a contagion, un effet domino de plus en plus marqué. Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement, ces fameux produits financiers reposaient sur un constat : le premier étage du crédit ayant déjà dépassé sa cote critique, il fallait à tout prix inventer un deuxième étage avec de l’endettement à la base non solvable mais qui pouvait masquer temporairement l’impasse dans lequel le système allait être acculé inexorablement.
Crise du crédit, crise du bâtiment, crise de l’automobile… au suivant… alors nos gouvernants tentent de faire face à coups d’expédients… on injecte des milliards dans les banques, en laissant crever au passage des pans entiers de l’industrie… paradoxe qui ne fait que confirmer que nous sommes désormais dans l’ère de l’économie irréelle… on va même jusqu’à proposer aux parasites chômeurs (selon la vulgate néolibérale), un peu plus d’indemnisation (cf le plan de l’Union Européenne).
Mais la quadrature du cercle vertueux… ah oui, dans un temps ancien, on nous avait parler de cette fameuse croissance vertueuse… demeure insoluble… On ne peut plus faire appel au crédit pour tenter de faire repartir la machine.
Reste maintenant à réinventer un monde plus raisonnable, plus équitable, moins inhumain… avec une inconnue supplémentaire dans cette équation, il nous faut aussi prendre en compte l’environnement, celle d’un monde fini… bref, ce n’est pas gagné surtout avec les mêmes qui nous rabâchent des tombereaux d’inepties et de fables depuis l’avènement du modèle reagano-thatcherien au débuts des années 80.
PS : ça fait du bien de sortir du PS…
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