Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Marc Vasseur (Journal à quatre mains)
Articles récents

Notre Dame des spiritualités.

18 Avril 2019 , Rédigé par Marc

L’émoi de l’incendie de Notre Dame de Paris dépasse largement nos frontières hexagonales. Et plus intéressant encore, il transcende nos croyances, nos cultures, il touche au plus de profond de l’être humain.

 

A cet égard, j’ai également été touché par cet événement.

 

Non parce qu’il s’est joué sur notre sol mais plus sûrement parce qu’il renvoie aux symboles d’un tel édifice.  Au fond, ces édifices remarquables n’incarnent-ils pas dans leur construction, la grandeur spirituelle de l’être humain, au-delà des croyances de chacun. Ils expriment une part de spiritualité que chacun porte en lui, au-delà de son propre destin. Renforcé par le fait, que ces construction se sont souvent étalées sur plusieurs générations ou ont survécu par delà les millénaires.

 

Il y a quelques années, lors de la destruction des Bouddhas de Baiyam par les talibans, j’avais éprouvé cette même tristesse doublée, pour le coup, d’une fureur vis à vis de ces auteurs. Ces derniers voulant affirmer par leur acte, la négation de toute autre croyance que la leur, négation qui porte déjà en elle, la disparition de toute forme de spiritualité.

 

Disparition qui peut entrer en résonance avec notre société d’hyperconsommation et l’instantanéité où les seuls marqueurs doivent désormais être quantifiables, mesurables.

 

Ces grandes réalisations humaines (Notre Dame, Pyramides…) si elles avaient en première fonction de rendre hommage à un dieu, à une divinité, leur inscription dans le temps, dans une histoire intemporelle. Elles ont finalement dépassé, transcendé leur caractère cultuel, pour nous renvoyer à notre propre condition humaine. 

 

Aujourd’hui, « on » s’extasie devant une tour élevée à Dubaï… comme un symbole de la vacuité de notre époque.

 

Alors que restera-t-il de cet élan spirituel, de cette mobilisation pour sa rénovation ? probablement peu de choses. Et à chacun de ces désastres, c’est aussi un peu de notre humanité qui s’en va, imperceptiblement.

Lire la suite

Bravo François Hollande !!! encore un effort.

1 Avril 2019 , Rédigé par Marc

Je n’avais pas vu venir cette analyse de haut vol de l’ancien Président de la République et l’ancien Premier Secrétaire du Pati Socialiste, je cite « La reconquête des classes populaires est donc, pour la gauche, un impératif démocratique ».

 

Je salue l’analyse et pour cause, je la partage totalement. Seul bémol… elle intervient le 31 mars 2019… Sans vouloir faire le sempiternel cassandre, nous étions quelques uns il y a 10 ans, il y a 20 ans, à faire ce constat. Pour nous, cela fut une fin de non recevoir constante si possible avec une bonne dose de mépris car bien évidemment nous ne comprenions absolument rien.

 

Tout comme nous dénoncions le lien cassé avec les intellectuels qui sont partis en catimini, nos cadres dirigeants ayant une plus grande appétence pour les énarques férus de note de synthèse et de chiffres.

 

Aujourd’hui, le PS est un champ de ruines coupé de toute base militante ou sympathisante et dans l’impossibilité à ce stade de reconstruire une ossature idéologique forte faute d’intellectuel. Pourtant, les enjeux sont gigantesques et complexes.

 

La Social Démocratie devait profondément se renouveler non sur ses valeurs mais sur ses outils de compréhension du monde. Elle a préféré l’inverse, abandonnant la social démocratie pour épouser la novlangue social libérale sans changer ses outils… en somme perdre sur les deux tableaux.

 

François Hollande et son entourage, choisi par ses soins, en est un des principaux responsables. Cependant soyons juste, quelques minorités de l’époque, qui aujourd’hui se drapent dans une forme de pureté originelle, sont aussi co-responsables de ce fiasco, de cet état de délabrement.

 

Combien de fois n’avons nous pas vu, condamné, ces petits arrangements entre faux adversaires au moment des congrès, des constitutions de liste, de ce clientélisme éhonté à différents niveaux.

 

Alors non à ce jour, les Mélenchon, Hamon ou Lienemann ne sont en mesure de faire la leçon. De part vos compromissions ultérieurs (on peut faire la liste des places obtenus suite à des arrangements de congrès…), vous êtes co-responsables du désespoir de la gauche démocratique. Ayez également, un peu de décence.  

 

Alors, aujourd’hui, il n’y a qu’un enjeu à ces européennes, pour le vieux soc-dem que je demeure, la survie d’une certaine idée de la gauche qui puisent ses valeurs dans l’histoire du mouvement ouvrier, dans ses grands hommes et femmes qui ont amélioré par le travail le sort de millions de citoyens sur près d’un siècle, en France, en Europe et dans le monde.

 

Cette survie est nécessaire pour reconstruire une espérance… car plus que jamais, elle est nécessaire.

Lire la suite

Emmanuel Macron et les Réseaux Sociaux

19 Mars 2019 , Rédigé par Marc

C’est entendu pour Emmanuel Macron, les violences auraient pour cause les Réseaux Sociaux. Je cite « il y a un changement anthropologique de nos sociétés qui vient des réseaux sociaux ».

 

J’avoue que ce type de raisonnement aussi simplistes me laisse pantois. Pour moi, les mots continuent à avoir un sens, aussi quand on parle de changement anthropologique cela semble impliquer qu’avant, il y avait moins de violence ???

 

Je sais que nous sommes désormais dans le temps de l’immédiateté mais tout de même… Les violences individuelles ou collectives n’ont pas attendu les réseaux sociaux pour exister.

 

Je sais aussi que pour éviter toute forme de réflexion qui pourrait mettre à mal son mode de pensée, il est commode de trouver le bouc émissaire idéal s’offrant ainsi un confort intellectuel dès plus aisé.

 

Et aussi de rappeler, qu’il y a une vingtaine d’années, la violence était souvent le fait des fans du Heavy Metal ; il y a dix ans, on a changé pour le passionné de jeux vidéos… aujourd’hui ben, c’est l’accro aux réseaux sociaux. Demain ? on trouvera.

 

J’ajoute qu’à ma connaissance la bande à Baader ou la Loge P2 ne sont pas issues d’Arpanet ou encore que la pédophilie n’est pas née avec Internet.

 

Quant à la violence verbale ; « l’agité du bocal » ce pamphlet de Céline vis à vis de Sartre a été écrit en un temps où l’ordinateur individuel n’existait pas et pourtant, cela se pose là.

 

Dans ces domaines, les exemples sont malheureusement non exhaustifs et sans fin. La violence est malheureusement une constante de l'histoire de l'Humanité.

 

Là seule chose où je peux me retrouver sur une des conséquences des réseaux sociaux, c’est une plus grande visibilité de ces accès de « violence ». Mais à la différence d’une conversation que j’ai eu avec mon ami journaliste, Bruno Renoult ; cette surexposition n’est pas la cause de l’hystérisation de la société mais bien davantage un des symptômes.

 

De fait la question qu’il convient de poser n’est-elle pas plutôt « Pourquoi les réseaux sociaux sont ils devenus le réceptacle de cette violence ? ». Ceci étant dit, une telle approche oblige à aller un peu plus loin que la seule évocation du bouc émissaire et qu'on aborde un territoire de causalités multiples, complexes et interdépendantes.

 

Bref, ce que le monde politique appréhende de plus en plus difficilement quelque soit l'appartenance partisane.

 

Pour ma part, je crois que cela tient aussi au délitement des corps intermédiaires qu’on connaît depuis une trentaine d’année et aux évolutions d’une société qui a perdu beaucoup de repères et de sens.

 

PS : je dois revenir sur cette question d'Hystérisation du débat publique... c'est en cours. 

Lire la suite

De la Société pulsionnelle à la société de l’algorithme

15 Mars 2019 , Rédigé par Marc

Le court XXème siècle que le monde aura connu, est qualifié par certains historiens comme l’âge des extrêmes. Avec en point d’orgue, des guerres et des gouvernements qui auront décimés plusieurs dizaines de millions d’individus et dans le même temps, l’émergence d’une société moins inégalitaire et plus apaisée par bien des aspects.

 

L’effondrement du mur de Berlin, loin de consacrer la fin de l’Histoire, marque la fin de cette époque. A la fin des années 70, la concomitance de la décrépitude du bloc soviétique et l’émergence du 1er cycle néolibéral tant aux Etats Unis qu’en Grande Bretagne ont commencé à mettre à mal cette stabilité incertaine.

 

1989, chute du mur ; 1990, disparition d’Arpanet au profit du web. Dans, le même temps, l’industrie informatique arrive à son premier âge de maturité et devient un produit de consommation courante. En 10 ans, le nombre d’ordinateurs passe de 100.000 à près de 370 millions. Sans compter, une économie qui grâce l’essor computationnel tend à une forme d’inéluctable financiarisation, sans contraintes. Jospeh Stiglitz explique, dans un de ses ouvrages, ce phénomène où l’administration Clinton joue son plein rôle.   

 

Tout est marche pour la consécration de l’individu au « déprofit » de la société, de la société qui fait sens. Dans le même temps, il faut permettre aux classes moyennes d’accéder à cette frénésie de consommation. Or pour compenser, les déséquilibres induits des dérives néolibérales, il faut fluidifier et faciliter l’endettement de ces dernières. La machine redistributive issue de la 2nd Guerre Mondiale étant désormais mise à mal depuis la fin des années 70. Un exemple, en 1980 le salaire moyen annuel d’un patron américain. Il représentait 380 fois le salaire moyen américain, en 2011, 380 fois.

 

Si la crise de 2008 aurait pu enrayer cette tendance à l’individualisation extrême ; le poids des nouveaux géants non plus de l’industrie informatique mais d’Internet a balayé toute velléité allant dans ce sens, s’il y en a eue. Nulle doute que les Réseaux Sociaux ont et continuent d’amplifier ce phénomène.

 

A la différence notable des années 90, ce « Je » s’expose et doit s’exposer aux yeux de tous et en tout lieu, le monde « est » son univers. On existe que si on est vu.

 

Cette Hypertrophie du Je s’accompagne d’une hyperconsommation où la seule question qui compte et sa réponse réside dans un « est-ce que tu l’as ? » et où les conséquences ne sont à ce jour que détail. Avec une aliénation toujours plus forte de sa liberté assumée et choisie ce qui n’est pas le moindre des paradoxes mais on y reviendra.

 

L’autre paradoxe de cette nouvelle société où désormais la pulsion semble guider nos pas, c’est qu’elle n’a jamais autant été contingentée par un tiers. Un tiers déjà fortement déshumanisé où chacun, consciemment ou pas, y participe. Un épisode de la série BlackMirror a parfaitement décrit cette réalité qui se rapproche un peu plus vite chaque jour. Pour schématiser chaque fait et geste de l’individu est noté par l’autre, et sa socialisation est dépendante de sa note moyenne. Délire scénaristique ? La Chine met en place ce système à grande échelle.

 

A ce stade, la question de l’IA forte ou faible, n’a déjà plus d’intérêt, pour ma part on y viendra tôt ou tard ; non désormais il s’agit de penser cette société de l’algorithme qui s’annonce et dans laquelle nous avons déjà un bon pied.

 

Loin des promesses de liberté, se dessine un monde de contraintes individuelles toujours plus forte sous couvert de consommation irraisonnée devant satisfaire nos moindres pulsions. Pulsions souvent bien aidées par nos nouveaux géants.

 

Enfin, une autre conséquence se fait jour également …. L’hystérisation de l’espace publique et du débat politique. Et là encore on peut y voir une concomitance des temps évoqués un peu plus haut.

Lire la suite

Les nouvelles formes d'escroquerie sur le Net.

14 Mars 2019 , Rédigé par Marc

Présent sur le Net depuis deux bonnes décennies, j’ai pu constater l’évolution des arnaques pour le simple quidam webonautes que nous sommes.

 

Au départ, on a connu le fameux pishing via des mails grossièrement rédigés avec des entêtes de tel ou tel fournisseur pour tenter de vous faire virer une certaine somme d’argent. Nul doute que tous le monde a déjà reçu ça une bonne centaine de fois. Je me suis toujours demandé dans quelle proportion des gens pouvaient effectuer ces demandes de paiement ou parfois envoyer ses coordonnées bancaires pour avoir un remboursement.

 

Bref, on était sur du bricolage.

 

Depuis quelques mois, sur Facebook (sur twitter, ça ne m’est pas encore arrivé), j’ai vu débarquer la demande de PCS (en gros, on vous demande de créditer une somme d’argent dans un bureau de tabac sur une carte prépayée).

 

Curieux de nature, j’ai toujours été amusé par les profils souvent identiques… à savoir des jeunes femmes au physique avantageux. Ben oui, tu donneras plus facilement à une jolie fille qu’à une vieille dame de 80 ans… on peut se l’avouer sans passer pour Yann Moix.

 

Je dois l’avouer, j’’ai toujours essayer de comprendre la mécanique générale, me demandant toujours qui donne et donc si ça fonctionne. En clair, dans la majorité des cas, on a à faire à des jeunes filles seules, où l’enfant à nourrir est un plus.

 

Le temps de latence entre le 1er « bonjour, je ne vous dérange pas » et le « j’ai besoin d’argent, pouvez vous me virer 250 euros » est variable. Ayant toujours cette petite question « est ce que cela fonctionne », je m’évertue à faire durer la conversation, pour arriver à une réponse. Mon but n’étant pas d’être un flic mais seulement de savoir si d’aventure des personnes donnent. Fatalement, on reçoit toujours des photos un peu osées… ben oui, faut bien appâter. Moi, ayant un profil très public, une photo de ma tronche n’est pas un problème.

 

Il y a quelques jours, je suis tombé sur quelqu’un qui lui est passé à un chantage non voilé et ce très rapidement et dans des proportions assez étonnantes... Pour le coup, la somme est plus conséquente, il est vrai que je l’ai un peu cherché, le net étant un espace de trouvailles assez étonnantes dans tous les domaines.

 

Au delà de l’anecdote, c’est manifestement l’utilisation des RS qui reste fondamentalement très différentes. En effet, sur Twitter je n’ai jamais été l’objet de ce genre de demande et surtout les échanges privés demeurent dans 99% des cas – pour ma part de gens que je connais où que je suis twitter -.

 

En clair twitter reste le lieu privilégié des politiques et des médias ; Facebook reste assez immaitrisable et Snapchat, une tendance assez certaine au phénomène égotique.

 

Deux questions demeurent pour moi… ce type de technique fonctionne-t-elle ? je ne sais toujours pas… Est ce que le web, et plus particulièrement Facebook, a-t-il exacerbé ce type de comportement ?

Lire la suite

Laurent Alexandre, les Gilets Jaunes et les Inutiles

14 Février 2019 , Rédigé par Marc

Billet par Vincent Grenier.

Il faut regarder cet extrait vidéo. Cela se passe devant nos futurs polytechniciens. Laurent Alexandre (heureux startuper millionnaire et apôtre du transhumanisme) nous explique pourquoi "les gilets jaunes sont des êtres substituables", les futurs "loosers" du développement de l'Intelligence Artificielle, les "ceux qui ne sont rien" de demain et n'auront aucune valeur ajoutée sur un marché du travail qui les aura remplacé par des machines… Il ne s'en réjouit pas, mais il l'annonce.

 

Triste prospective, mais assez réaliste. Pour autant, je ne crois pas que l'avenir sera ainsi fait. Je pense que l'IA laminera les cadres et les professions intellectuelles supérieures bien avant de s'attaquer aux "gilets jaunes", brisant de fait le consensus libéral au sein des CSP+.

 

Les "technicistes" pensent que la société adoptera l'IA en toute matière dès qu'elle sera opérationnelle, parce qu'elle sera opérationnelle. Mais l'économie ne fonctionne pas ainsi. Inévitablement, les futures activités substituables par l'IA seront choisies non pas par rapport aux possibilités techniques, mais sur des critères de rentabilité. Bref, une classique allocation des ressources économiques, dans un ordre qui respectera la classique baisse tendancielle du taux de profit.

 

Parlons du médecin, du radiologue, du juriste, du cadre en entreprise : ils coûtent cher, et l'IA qui pourrait un jour les remplacer est purement logicielle (coût marginal zéro). De quoi espérer une très bonne rentabilité. Contrairement aux GJ (je généralise honteusement, mais c'est pour cadrer avec le discours du monsieur) : leur temps de travail coûte peu, et leurs activités sont souvent physiques. Pour les remplacer, l'IA devra donc être prolongée de matériel, de robotisation. Avec son prix d'achat et son coût de maintenance. Donc une rentabilité moindre, peut-être même négative pour longtemps pour certaines tâches.

 

Par exemple, automatiser la collecte des déchets demandera de prolonger l'IA par un bras articulé qui coûtera trois à cinq ans de salaire d'un opérateur au smic. Ca sera techniquement possible un jour, mais de loin moins rentable que de mettre une IA dans l'ordinateur des médecins généralistes et de leur demander de valider douze diagnostics à l'heure. Et ainsi réduire drastiquement le besoin de travail humain…

 

Les secteurs les plus rentables seront touchés en tout premier. Et il y a fort à parier qu'avant de définitivement rencontrer la misère, les "GJ" risquent avant tout de recruter en masse chez les cadres. Et ça peut changer le cours des choses...

 

Sur le coup, soit je me plante totalement, soit il y a un angle mort chez nos prospectivistes. Mais de là où je suis, c'est ce que je vois pour demain...

Lire la suite

Houellebecq, Génie ou Faussaire ?

4 Janvier 2019 , Rédigé par Marc

L'évènement est là, l'écrivain maudit et adulé - qu'on mérite - sort son dernier ouvrage, son nouveau chef d'oeuvre.

Houellebecq a ça de bien, c'est qu'il permettra une nouvelle hystérisation du débat littéraire. Génie pour les uns, faussaire pour les autres. 

Ayant lu la majorité de ses ouvrages et je lirai "Sérotonine" ; à mes yeux de lecteur, il n'est dans aucune de ces deux catégories.

Il représente l'écrivain d'une époque, de notre époque.

J'en discuté hier soir avec un copain, où pour pour moi à la différence d'un Céline, d'un Tolstoï, il n'y pas de sens collectif, d'histoire collective dans son écriture. Où la société n'est qu'un prétexte, les éléments d'un décors plaqué, frisant parfois la simplification extrême ou la somme de poncifs éculés.

Il inscrit celle-ci dans un individualisme égotique plongeant dans les abimes d'un pessimisme de bon aloi, se posant en somme en chantre d'une décadence exacerbée. 

Relit-on d'ailleurs un Houllebecq ? Je n'en ai jamais éprouvé le besoin... à la différence d'autres oeuvres...

Extension du domaine de la lutte, Particules élémentaires, Soumission... se consomment comme on consomme le dernier Iphone qu'on s'empressera de remplacer par un nouveau modèle.

L'écrivain lui-même semble traverser notre époque en marge de celle-ci, comme une ombre qui se rappelle à nous le temps d'une sortie.

C'est toute la limite de Houellebecq... la permanence de ses livres et même si je lui reconnais un réel talent. 

 

 

 

Lire la suite

Intelligence Artificielle : vers le grand déclassement des Classes Moyennes ?

20 Décembre 2018 , Rédigé par Marc

Depuis quelques années, la théorie du grand remplacement, popularisée par Michel Houellbecq dans Soumissions ou par un Eric Zemmour, a fait son chemin dans les arcanes les moins visibles du Net.

 

Pourtant, le danger n’est pas là, loin s’en faut, il est davantage dans la disparition à moyen terme des classes moyennes. Cette réalité, même un Laurent Alexandre – prédicateur inlassable de l’Intelligence Artificielle, semble se mettre en place. Ce dernier va même jusqu’à théoriser que la révolte des Gilets Jaunes est la première lutte d’un nouveau genre, celle de la lutte contre l’IA.

 

Où ils auraient une conscience diffuse que cette dernière sera responsable du déclassement à venir des classes moyennes. Cette notion de déclassement est, de part les interactions en jeu, sont de plusieurs natures, de plusieurs peurs. On peut en voir au moins deux : un pouvoir d’achat qui tend à se contracter et des perspectives de progression sociales qui se réduisent pour les prochaines générations. Avec en sus de ces difficultés, des incertitudes de plus en plus avérées en matière d’environnement et de fait de viabilité de notre modèle économique actuel.

 

Ces prophéties ne sont plus seulement l’œuvre de quelques illuminés, elles touchent désormais le plus grand nombre, à travers les conférences, des livres très largement diffusés. Un exemple, et non des moindres, Yuval Noah Harari* qui a déclaré récemment au Financial Times : "les élites vont elles tirer sur les inutiles ? Les élites n'ont plus besoin des inutiles à l'heure de l'Intelligence Artificielle ". * auteur de Sapiens : Une brève histoire de l'humanité, Homo Deus : Une brève histoire de l'avenir et 21 leçons pour le XXIème siècle. Sans parler, de cette nouvelle religion, qui touchent essentiellement les plus fortunés de la Silicon Valley, le Transhumanisme qui annonce une IA dépassant l’Homme pour les années 2030.

 

Sans aller jusqu’à ces outrances et à l’émergence d’un pouvoir popularisé par Robocop et son fameux Skynet dans un avenir qui est déjà demain. On peut néanmoins s’interroger sur la viabilité des métiers, et plus particulièrement ceux occupés par les Classes moyennes, à court et moyen terme.

 

Les exemples et les réalités s’accélèrent dans tous les domaines où l’IA, les robots, ou l’IA+les Robots, seront en passe de nous remplacer définitivement. Et ce à tous les stades d’une ligne opérationnelle. Un géant comme comme Amazon, au delà d’occuper l’intégralité de l’espace de la distribution, n’a jamais caché son autre enjeu ; celui de se passer autant que faire se peut de toute intervention humaine dans toute sa chaine. Amazon peut d'ailleurs augmenter ses salariés de 100%, comme en Novembre, d'ici 10 ans, Amazon espère se séparer de 90% de son personnel... le calcul est rentable.

 

Au Japon, une compagnie d’assurance a commencé à remplacer ces téléconseillers humains par des chatbots pour des placements de produits. Dans le domaine des Relations Humaines, la généralisation des chatbots devient incontournable dans les présélections. Plus près de nous, à Villeneuve d’Ascq, on vient de mettre en service une ligne de transport en commun autonome en milieu ouvert. Plus significatif, en Norvège, le transport entre deux sites distant de plusieurs kilomètres est désormais effectué par des camions - des 38 tonnes – autonomes.

 

Cette nouvelle révolution, que j’ai déjà évoquée, est pour le coup totalement disruptive et nous n’en sommes encore qu’aux prémices… L’immense majorité des secteurs de l’activité humaine est concernée et par conséquent des millions d’emplois sont désormais en balance, voués à s’éteindre dans les prochaines décennies.

 

Les autorités se veulent rassurantes… en expliquant que la formation aux nouveaux emplois permettra de passer ce cap sans encombre. Il n’est pas certain que ce discours soit totalement entendu et il risque de l’être de moins en moins. Au pire, à en croire certains décideurs, nous serons tous développeurs en Informatique. Dont acte, c’est juste oublier les progrès depuis dix ans dans ce domaine, sans compter qu’un certain nombre de sociétés travaillent à l’auto-programmation des machines par elles-mêmes. Ayant travaillé dans le domaine, je peux vous assurer que ce n’est pas à la portée de tout le monde et à moi en particulier. Avec une certitude cependant, le nombre de développeurs nécessaire va fatalement décroitre à l’horizon de 30 ans.

 

D’autres, moins rassurants, expliquent que désormais s’ouvre la guerre de l’intelligence. Que notre salut passera par une intelligence augmentée via une interface neuronale entre notre cortex et une machine. Science fiction ? Au regard des investissements réalisés par des boites comme Facebook, Tesla ou encore Google sans compter les entreprises chinoises (qui vont bientôt dépasser les GAFA dans ce domaine), il y a à craindre qu’ils y parviennent.

 

Petit aparté, il y a encore 5 ans, on pensait arriver au bout des possibilités de la puissance de calculs avec nos processeurs traditionnels. Les Big Data ont montré que l’important pour l’heure n’était pas seulement la capacité des processeurs, mais les données… Demain, on sait que le manque de puissance devrait être levé par les calculateurs quantiques. Qu’on se comprenne, l’échéance n’est pas à un siècle, elle est à quelques décennies… Une chose que semble nous apprendre l’Histoire des techniques est que le cycles des révolutions technologiques tend à diminuer drastiquement.  

 

Parallèlement à cette course à l’intelligence froide, il y a la course à cet autre mimétisme, celui de nos capacités physiques. En prenant un peu de recul et en essayant de se projeter, on en vient à se dire que les véhicules autonomes sont déjà à inscrire au passé. Les laboratoire d’armement travaillent aux soldats de demain, on sait déjà que les drones font partis de l’armée d’hier. Etats Unis, Chine font la course à une armée sans soldats, à des cyborgs autonomes. Regardons seulement, ce qui se passe dans le domaine grand public avec la vidéosurveillance, il est révélateur des « progrès » technologiques dans ce domaine. On peut aussi regarder avec une pointe d’émerveillement les progrès des robots humanoïdes de Boston DynamicsAlors certes, ce n’est pas pour demain mais on s’en rapproche chaque jour un peu plus.

 

Ces avancées technologiques ont et auront des répercussions dévastatrices sur nos sociétés. Depuis la naissance de l’Homme, celui-ci a toujours cherché à alléger d’une manière ou d’une autre son travail… il a évolué dans l’expression de son calcul pour exprimer une valeur comparable, des chevaux, aux watts, aujourd’hui les Flops et demain le "QIa" pour ces nouvelles entités autonomes.

 

Alors comme le dit, Laurent Alexandre, les Gilets Jaunes traduisent très certainement cette peur du grand remplacement d’eux-mêmes et plus surement de leurs enfants. Où instinctivement non seulement, ils perçoivent et vivent plus que jamais l’extraordinaire accroissement des inégalités économiques et sociales depuis 40 ans ; mais en prime, ils savent déjà que les inégalités culturelles et éducatives joueront à plein dès à présent et encore davantage dans un futur proche (dans un prochain billet).

 

Un Nouveau Monde se dessine sous nos yeux, un nouveau monde qui semble et pourrait être celui de quelqu'uns au mépris du plus grand nombre... car on ne saurait savoir si il aura une quelconque utilité aux yeux des premiers... par le principe de l'autosuffisance.

Lire la suite

Le Référendum d'Initiative Citoyenne ou le sexe des anges...

18 Décembre 2018 , Rédigé par Marc

Mine de rien les Gilets jaunes, quoiqu'on en pense, on réussit à faire bouger les lignes sur des éléments qu'on nous disait impossible jusqu'à présent. Au delà de certaines applications qui peuvent être laissées au débat, en matière de pouvoir d'achat, de taxations des GAFA, il y a des avancées, qu'on ne peut que saluer.

Aujourd'hui, le coeur du débat s'est déplacé sur la question fondamentale de la discussion démocratique et de ses outils. On peut s'en réjouir, néanmoins je reste un indécrottable partisan de la démocratie représentative et je regrette que les corps intermédiaires aient été particulièrement malmenés depuis plusieurs années.

Ces derniers avaient indubitablement d'énormes défauts, je m'en suis suffisamment expliqué ici-même pour regretter qu'ils soient sortis de l'espace démocratique. 

Alors pour faire bien, on ressort le Référendum d'Initiative Citoyenne... trop génial..

Ma seule interrogation dans ce domaine tient en quelques mots... qu'en sera-t-il quand le peuple souverain s'exprimera à rebours de la "bien pensance" ? ... je m'explique :

en 2005, par voie référendaire , le peuple a voté non à un texte - contre les partis majoritaires, contre les éditorialistes, contre certains syndicats mieux que les autres - , celui-ci était particulièrement structurant puisqu'il s'agissait de de régir le pays au traité de constitution européenne.

69,33% des français en de voter se sont exprimés, 54,67% des exprimés ont dit non...

Et pourtant il  a été ratifié sous le terme de traité de Lisbonne en 2008 par l'Assemblée Nationale à rebours de l'expression du peuple... alors oui j'ai un peu le sentiment que le RIC a un rapport avec le sexe des anges...

Et le problème n'est pas là... il est bien plus profond, il touche à notre rapport à la démocratie, au fonctionnement des corps intermédiaires, syndicats, partis politiques... et là en l'occurence, on n'avance pas... pire on recule...

Mais continuons comme ça, tout va bien ou presque... ou pas

Lire la suite

On reparle des classes populaires, des péri-urbains, partis politiques... (billet de Mai 2011 )

17 Décembre 2018 , Rédigé par Marc

L'actualité aidant, une personne sur twitter a exhumé un vieux billet que j'avais écrit en Mai 2011. A l'époque, je parlais du Parti Socialiste... sans fausse modestie, j'avais vu plutôt juste... Aujourd'hui, on peut déjà parler d'un autre "parti" mais tous sont concernés...  Ce billet n'a malheureusement pas vieilli, classes populaires, péri-urbain. Il suffit de changer le nom du parti et son obédience partisanne.

 

Extraordinaire note de la fondation proche du PS, Terra Nova, quant à la stratégie que le Parti socialiste doit adopter pour les prochaines échéances électorales. En clair, les auteurs préconisent d’abandonner les classes populaires.

 

Je n’invente rien, c’est écrit noir sur blanc : "Il n’est pas possible aujourd’hui pour la gauche de chercher à restaurer sa coalition historique de classe : la classe ouvrière n’est plus le cœur du vote de gauche, elle n’est plus en phase avec l’ensemble de ses valeurs, elle ne peut plus être comme elle l’a été le moteur entraînant la constitution de la majorité électorale de la gauche. La volonté pour la gauche de mettre en œuvre une stratégie de classe autour de la classe ouvrière, et plus globalement des classes populaires, nécessiterait de renoncer à ses valeurs culturelles, c’est-à-dire de rompre avec la social-démocratie."

 

Si on peut effectivement penser que cet électorat a, depuis de nombreuses années, délaissé le Parti socialiste (à la notable exception de 2007) pour se réfugier massivement dans l’abstention (je vous renvoie à ma petite analyse sur le vote dans les grandes villes aux dernières cantonales) ou pour se rapprocher du Front national, il me semble que justement l’un des enjeux de cette présidentielle est de réussir à raccrocher les classes populaires pour le PS, mais plus encore pour l’ensemble des gauches (je deviens allergique à cette définition binaire et obsolète sur un certain nombre de sujets).

 

Aussi, je ne sais que penser de ce quarteron de têtes bien faites, si ce n’est que leur cynisme est à la lisière du mépris envers ces classes populaires durement touchées au cours des 30 dernières années, tant dans leur difficulté à vivre au quotidien que dans les perspectives offertes à leurs enfants.

 

Ce qui est reproché à celles-ci : leur difficulté à accepter la mondialisation joyeuse. Elles osent revendiquer davantage de protection, et en forçant un peu le trait, il ne doit pas être trop difficile d’y trouver cette thématique qui reste un tabou pour la gauche… la sécurité.

 

Sans me lancer dans une définition de la social-démocratie (je n’en ai pas les compétences), je crois néanmoins pouvoir dire que si les grands partis sociaux-démocrates se lancent dans cette voie, elle mourra sans fleurs, ni couronne – peut-être l’est elle déjà d’ailleurs ?

 

Au passage, je note qu’à ce train d’enfer de la désintellectualisation de la social-démocratie, on peut s’interroger : vers qui va-t-elle pouvoir s’adresser, puisqu’on assiste aussi à des pertes sensibles pour le PS dans les zones péri-urbaines ? La gauche n’aurait donc plus comme seul horizon électoral que les centres urbains aisés ou culturellement très actifs ?

 

Si par malheur, le candidat socialiste mais également ses partenaires potentiels allaient dans cette voie, la seule victoire qui pourra être commémorée dans les prochaines années sera celle de Marine Le Pen qui mord dangereusement sur ces deux électorats.

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>