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Marc Vasseur (Journal à quatre mains)

Emmanuel Macron et les Réseaux Sociaux

19 Mars 2019 , Rédigé par Marc

C’est entendu pour Emmanuel Macron, les violences auraient pour cause les Réseaux Sociaux. Je cite « il y a un changement anthropologique de nos sociétés qui vient des réseaux sociaux ».

 

J’avoue que ce type de raisonnement aussi simplistes me laisse pantois. Pour moi, les mots continuent à avoir un sens, aussi quand on parle de changement anthropologique cela semble impliquer qu’avant, il y avait moins de violence ???

 

Je sais que nous sommes désormais dans le temps de l’immédiateté mais tout de même… Les violences individuelles ou collectives n’ont pas attendu les réseaux sociaux pour exister.

 

Je sais aussi que pour éviter toute forme de réflexion qui pourrait mettre à mal son mode de pensée, il est commode de trouver le bouc émissaire idéal s’offrant ainsi un confort intellectuel dès plus aisé.

 

Et aussi de rappeler, qu’il y a une vingtaine d’années, la violence était souvent le fait des fans du Heavy Metal ; il y a dix ans, on a changé pour le passionné de jeux vidéos… aujourd’hui ben, c’est l’accro aux réseaux sociaux. Demain ? on trouvera.

 

J’ajoute qu’à ma connaissance la bande à Baader ou la Loge P2 ne sont pas issues d’Arpanet ou encore que la pédophilie n’est pas née avec Internet.

 

Quant à la violence verbale ; « l’agité du bocal » ce pamphlet de Céline vis à vis de Sartre a été écrit en un temps où l’ordinateur individuel n’existait pas et pourtant, cela se pose là.

 

Dans ces domaines, les exemples sont malheureusement non exhaustifs et sans fin. La violence est malheureusement une constante de l'histoire de l'Humanité.

 

Là seule chose où je peux me retrouver sur une des conséquences des réseaux sociaux, c’est une plus grande visibilité de ces accès de « violence ». Mais à la différence d’une conversation que j’ai eu avec mon ami journaliste, Bruno Renoult ; cette surexposition n’est pas la cause de l’hystérisation de la société mais bien davantage un des symptômes.

 

De fait la question qu’il convient de poser n’est-elle pas plutôt « Pourquoi les réseaux sociaux sont ils devenus le réceptacle de cette violence ? ». Ceci étant dit, une telle approche oblige à aller un peu plus loin que la seule évocation du bouc émissaire et qu'on aborde un territoire de causalités multiples, complexes et interdépendantes.

 

Bref, ce que le monde politique appréhende de plus en plus difficilement quelque soit l'appartenance partisane.

 

Pour ma part, je crois que cela tient aussi au délitement des corps intermédiaires qu’on connaît depuis une trentaine d’année et aux évolutions d’une société qui a perdu beaucoup de repères et de sens.

 

PS : je dois revenir sur cette question d'Hystérisation du débat publique... c'est en cours. 

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De la Société pulsionnelle à la société de l’algorithme

15 Mars 2019 , Rédigé par Marc

Le court XXème siècle que le monde aura connu, est qualifié par certains historiens comme l’âge des extrêmes. Avec en point d’orgue, des guerres et des gouvernements qui auront décimés plusieurs dizaines de millions d’individus et dans le même temps, l’émergence d’une société moins inégalitaire et plus apaisée par bien des aspects.

 

L’effondrement du mur de Berlin, loin de consacrer la fin de l’Histoire, marque la fin de cette époque. A la fin des années 70, la concomitance de la décrépitude du bloc soviétique et l’émergence du 1er cycle néolibéral tant aux Etats Unis qu’en Grande Bretagne ont commencé à mettre à mal cette stabilité incertaine.

 

1989, chute du mur ; 1990, disparition d’Arpanet au profit du web. Dans, le même temps, l’industrie informatique arrive à son premier âge de maturité et devient un produit de consommation courante. En 10 ans, le nombre d’ordinateurs passe de 100.000 à près de 370 millions. Sans compter, une économie qui grâce l’essor computationnel tend à une forme d’inéluctable financiarisation, sans contraintes. Jospeh Stiglitz explique, dans un de ses ouvrages, ce phénomène où l’administration Clinton joue son plein rôle.   

 

Tout est marche pour la consécration de l’individu au « déprofit » de la société, de la société qui fait sens. Dans le même temps, il faut permettre aux classes moyennes d’accéder à cette frénésie de consommation. Or pour compenser, les déséquilibres induits des dérives néolibérales, il faut fluidifier et faciliter l’endettement de ces dernières. La machine redistributive issue de la 2nd Guerre Mondiale étant désormais mise à mal depuis la fin des années 70. Un exemple, en 1980 le salaire moyen annuel d’un patron américain. Il représentait 380 fois le salaire moyen américain, en 2011, 380 fois.

 

Si la crise de 2008 aurait pu enrayer cette tendance à l’individualisation extrême ; le poids des nouveaux géants non plus de l’industrie informatique mais d’Internet a balayé toute velléité allant dans ce sens, s’il y en a eue. Nulle doute que les Réseaux Sociaux ont et continuent d’amplifier ce phénomène.

 

A la différence notable des années 90, ce « Je » s’expose et doit s’exposer aux yeux de tous et en tout lieu, le monde « est » son univers. On existe que si on est vu.

 

Cette Hypertrophie du Je s’accompagne d’une hyperconsommation où la seule question qui compte et sa réponse réside dans un « est-ce que tu l’as ? » et où les conséquences ne sont à ce jour que détail. Avec une aliénation toujours plus forte de sa liberté assumée et choisie ce qui n’est pas le moindre des paradoxes mais on y reviendra.

 

L’autre paradoxe de cette nouvelle société où désormais la pulsion semble guider nos pas, c’est qu’elle n’a jamais autant été contingentée par un tiers. Un tiers déjà fortement déshumanisé où chacun, consciemment ou pas, y participe. Un épisode de la série BlackMirror a parfaitement décrit cette réalité qui se rapproche un peu plus vite chaque jour. Pour schématiser chaque fait et geste de l’individu est noté par l’autre, et sa socialisation est dépendante de sa note moyenne. Délire scénaristique ? La Chine met en place ce système à grande échelle.

 

A ce stade, la question de l’IA forte ou faible, n’a déjà plus d’intérêt, pour ma part on y viendra tôt ou tard ; non désormais il s’agit de penser cette société de l’algorithme qui s’annonce et dans laquelle nous avons déjà un bon pied.

 

Loin des promesses de liberté, se dessine un monde de contraintes individuelles toujours plus forte sous couvert de consommation irraisonnée devant satisfaire nos moindres pulsions. Pulsions souvent bien aidées par nos nouveaux géants.

 

Enfin, une autre conséquence se fait jour également …. L’hystérisation de l’espace publique et du débat politique. Et là encore on peut y voir une concomitance des temps évoqués un peu plus haut.

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Les nouvelles formes d'escroquerie sur le Net.

14 Mars 2019 , Rédigé par Marc

Présent sur le Net depuis deux bonnes décennies, j’ai pu constater l’évolution des arnaques pour le simple quidam webonautes que nous sommes.

 

Au départ, on a connu le fameux pishing via des mails grossièrement rédigés avec des entêtes de tel ou tel fournisseur pour tenter de vous faire virer une certaine somme d’argent. Nul doute que tous le monde a déjà reçu ça une bonne centaine de fois. Je me suis toujours demandé dans quelle proportion des gens pouvaient effectuer ces demandes de paiement ou parfois envoyer ses coordonnées bancaires pour avoir un remboursement.

 

Bref, on était sur du bricolage.

 

Depuis quelques mois, sur Facebook (sur twitter, ça ne m’est pas encore arrivé), j’ai vu débarquer la demande de PCS (en gros, on vous demande de créditer une somme d’argent dans un bureau de tabac sur une carte prépayée).

 

Curieux de nature, j’ai toujours été amusé par les profils souvent identiques… à savoir des jeunes femmes au physique avantageux. Ben oui, tu donneras plus facilement à une jolie fille qu’à une vieille dame de 80 ans… on peut se l’avouer sans passer pour Yann Moix.

 

Je dois l’avouer, j’’ai toujours essayer de comprendre la mécanique générale, me demandant toujours qui donne et donc si ça fonctionne. En clair, dans la majorité des cas, on a à faire à des jeunes filles seules, où l’enfant à nourrir est un plus.

 

Le temps de latence entre le 1er « bonjour, je ne vous dérange pas » et le « j’ai besoin d’argent, pouvez vous me virer 250 euros » est variable. Ayant toujours cette petite question « est ce que cela fonctionne », je m’évertue à faire durer la conversation, pour arriver à une réponse. Mon but n’étant pas d’être un flic mais seulement de savoir si d’aventure des personnes donnent. Fatalement, on reçoit toujours des photos un peu osées… ben oui, faut bien appâter. Moi, ayant un profil très public, une photo de ma tronche n’est pas un problème.

 

Il y a quelques jours, je suis tombé sur quelqu’un qui lui est passé à un chantage non voilé et ce très rapidement et dans des proportions assez étonnantes... Pour le coup, la somme est plus conséquente, il est vrai que je l’ai un peu cherché, le net étant un espace de trouvailles assez étonnantes dans tous les domaines.

 

Au delà de l’anecdote, c’est manifestement l’utilisation des RS qui reste fondamentalement très différentes. En effet, sur Twitter je n’ai jamais été l’objet de ce genre de demande et surtout les échanges privés demeurent dans 99% des cas – pour ma part de gens que je connais où que je suis twitter -.

 

En clair twitter reste le lieu privilégié des politiques et des médias ; Facebook reste assez immaitrisable et Snapchat, une tendance assez certaine au phénomène égotique.

 

Deux questions demeurent pour moi… ce type de technique fonctionne-t-elle ? je ne sais toujours pas… Est ce que le web, et plus particulièrement Facebook, a-t-il exacerbé ce type de comportement ?

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