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Marc Vasseur (Journal à quatre mains)

Des Gilets Jaunes à un mouvement 5 étoiles ?

30 Novembre 2018 , Rédigé par Marc

Cette semaine, le Président Emmanel Macron est monté en première ligne pour tenter de désamorcer ce malaise qui peut mettre en péril la suite de son quinquennat.

 

A en juger par les dernières enquêtes, cette intervention semble avoir fait long feu. Le mouvement de sympathie semble s’être encore amplifié, et ce alors que sa présence physique paraît s’essouffler.

 

Cette situation sociale particulièrement tendue n’est pas pas inédite, la chose nouvelle est l’absence globale de perspectives, au-delà même des revendications portées par les Gilets Jaunes.

 

Absence au niveau des partis politiques traditionnels. On voit mal comment les anciens partis de gouvernement pourraient être le réceptacle de cette colère alors qu’ils sont aussi responsables de la situation actuelle. Nulle doute qu’Emmanuel Macron a commis de grossières erreurs depuis sa prise de fonction néanmoins croire que le PS ou LR puissent en être les bénéficiaires paraît totalement impensable. Les citoyens ont peut-être la mémoire courte néanmoins, le climat dégagiste a fait son œuvre et sans un total aggiornamento et sincère, cela ne peut changer pour "l'ancien monde".

 

Coté LFI et RN, le jugement se doit d'être plus nuancé. Au début du mouvement, on aurait pu penser que Marine Le Pen tente de surfer sur cette vague qui s’annonçait, aussi force est de reconnaître que depuis elle reste très peu visible sur le sujet. Pour ma part, je crois que ce positionnement n’est pas étranger au changement de cap politique qui s’est opéré depuis le départ de Florian Philippot. En clair, le RN revient à un programme économique bien peu porté vers les classes populaires pour revenir aux fondamentaux du parti frontiste, à savoir un programme bien plus libéral sur ce plan. Par ailleurs, Marine Le Pen croit savoir que son silence ne peut être que profitable dans la prochaine perspective des européennes.

 

A l’inverse, la France Insoumise avec Jean Luc Mélenchon et François Ruffin tentent de faire feu de tout bois pour tenter d’exister et de refaire fructifier un capital sympathie qui s’est sensiblement réduit au rythme des coups de sang de son leader. Cependant, la chose est très loin d’être acquise. D’une part, on peut penser qu’à force de vouloir coller à ce mouvement, la sincérité de cet « engagement » peut apparaître suspect ; d’autre part, il est probable qu’un certain nombre des Gillets Jaunes goutent peu des positions parfois proches d’un certain communautarisme.

 

Enfin et même si c’est un peu chaotique tant dans la forme que le fond, les Gilles Jaunes dans leur majorité veillent à ne pas être récupérés par tel ou tel tout en s’efforçant de structurer davantage une liste de revendications qui désormais dépasse le seul cadre du prix de l’essence.

 

Revendications qui s’étoffent, embryon de structuration avec des représentants « autoproclamés » - certains voix leur reprochent cependant quelle différence avec des désignés sans vote ou votes arrangés – et surtout un mouvement « gazeux » qui est porté par une vague de sympathie sans précédent et qui ne se dément pas.

 

De fait à la veille du second samedi de mobilisation, beaucoup d’ingrédients sont réunis pour voir émerger une nouvelle force politique, pour reprendre un terme cher à Emmanuel Macron, une nouvelle startup… ce qui en soi ne devrait pas lui déplaire.

 

Reste à celui-ci, à faire émerger quelques têtes pour donner du corps et un visage à ce mouvement spontané où manifestement l’essence n’était bel et bien qu’un point de cristallisation après une décennie à serrer les dents pour les « fins de mois difficile ».

 

Si d’aventure, les Gilets Jaunes y parvenaient, nous serions probablement en présence d’un mouvement similaire aux 5 étoiles italien avec le succès qu’on lui connaît et les alliances qu’on connaît aussi.

 

A quelques mois des européennes, dans une élection plutôt facile d’accès pour les doléances en suspend, cette probabilité existe et les partis existants peuvent être légitiment inquiets.

 

Pour information, les 42 revendications :

 

  1. Zéro SDF : URGENT.
  2. Impôt sur le revenu davantage progressif (plus de tranches).
  3. SMIC à 1300 euros net.
  4. Favoriser les petits commences des villages et centres-villes. (Cesser la construction des grosses zones commerciales autour des grandes villes qui tuent le petit commerce) + de parkings gratuits dans les centres-villes.
  5. Grand Plan d’Isolation des logements. (faire de l’écologie en faisant faire des économie aux ménages).
  6. Que les GROS (Macdo, google, Amazon, Carrefour…) payent GROS et que les petits (artisans, TPE PME) payent petit.
  7. Même système de sécurité social pour tous (y compris artisans et autoentrepreneurs). Fin du RSI.
  8. Le système de retraite doit demeurer solidaire et donc socialisé. (Pas de retraite à point).
  9. Fin de la hausse des taxes sur le carburant.
  10. Pas de retraite en dessous de 1 200 euros.
  11. Tout représentant élu aura le droit au salaire médian. Ses frais de transports seront surveillés et remboursés s’ils sont justifiés. Droit au ticket restaurant et au chèque vacances.
  12. Les salaires de tous les Français ainsi que les retraites et les allocations doivent être indexés à l’inflation.
  13. Protéger l’industrie française : interdire les délocalisations. Protéger notre industrie c’est protéger notre savoir-faire et nos emplois.
  14. Fin du travail détaché. Il est anormal qu’une personne qui travaille sur le territoire français ne bénéficie pas du même salaire et des même droits. Toute personne étant autorisée à travailler sur le territoire français doit être à égalité avec un citoyen français et son employeur doit cotiser à la même hauteur qu’un employeur français.
  15. Pour la sécurité de l’emploi : limiter davantage le nombre de CDD pour les grosses entreprises. Nous voulons plus de CDI.
  16. Fin du CICE. Utilisation de cet argent pour le lancement d’une Industrie Française de la voiture à hydrogène (qui est véritablement écologique, contrairement à la voiture électrique.)
  17. Fin de la politique d’austérité. On cesse de rembourser les intérêts de la dette qui sont déclarés illégitimes et on commence à rembourser la dette sans prendre l’argent des pauvres et des moins pauvres mais en allant chercher les 80 milliards de fraude fiscale.
  18. Que les causes des migrations forcées soient traitées.
  19. Que les demandeurs d’asiles soient bien traités. Nous leur devons le logement, la sécurité, l’alimentation ainsi que l’éducation pour les mineurs. Travaillez avec l’ONU pour que des camps d’accueil soient ouverts dans de nombreux pays du monde, dans l’attente du résultat de la demande d’asile.
  20. Que les déboutés du droit d’asile soient reconduits dans leur pays d’origine.
  21. Qu’une réelle politique d’intégration soit mise en œuvre. Vivre en France implique de devenir français (cours de langue française, cours d’Histoire de la France et cours d’éducation civique avec une certification à la fin du parcours).
  22. Salaire maximum fixé à 15 000 euros [mensuel, ndlr].
  23. Que des emplois soient crées pour les chômeurs.
  24. Augmentation des allocations handicapés.
  25. Limitation des loyers. + de logement à loyers modérés (notamment pour les étudiants et les travailleurs précaires).
  26. Interdiction de vendre les biens appartenant à la France (barrage aéroport…)
  27. Moyens conséquents accordées à la justice, à la police, à la gendarmerie et à l’armée. Que les heures supplémentaires des forces de l’ordre soient payées ou récupérées.
  28. L’intégralité de l’argent gagné par les péages des autoroutes devra servir à l’entretien des autoroutes et routes de France ainsi qu’à la sécurité routière.
  29. Le prix du gaz et l’électricité ayant augmenté depuis qu’il y a eu privatisation, nous voulons qu’ils redeviennent publiques et que les prix baissent de manière conséquente.
  30. Fin immédiate de la fermeture des petites lignes, des bureaux de poste, des écoles et des maternités.
  31. Apportons du bien-être à nos personnes âgées. Interdiction de faire de l’argent sur les personnes âgées. L’or gris, c’est fini. L’ère du bien-être gris commence.
  32. Maximum 25 élèves par classe de la maternelle à la Terminale.
  33. Des moyens conséquents apportés à la psychiatrie.
  34. Le Référendum populaire doit entrer dans la Constitution. Création d’un site lisible et efficace, encadré par un organisme indépendant de contrôle où les gens pourront faire une proposition de loi. Si cette proposition de loi obtient 700 000 signatures alors cette proposition de loi devra être discutée, complétée, amendée par l’Assemblée Nationale qui aura l’obligation, (un an jour pour jour après l’obtention des 700 000 signatures) de la soumettre au vote de l’intégralité des Français.
  35. Retour à un mandat de 7 ans pour le Président de la République. (L’élection des députés deux ans après l’élection du Président de la République permettait d’envoyer un signal positif ou négatif au président de la République concernant sa politique. Cela participait donc à faire entendre la voix du peuple.)
  36. Retraite à 60 ans et pour toutes les personnes ayant travaillées dans un métier usant le corps (maçon ou désosseur par exemple) droit à la retraite à 55 ans.
  37. Un enfant de 6 ans ne se gardant pas seul, continuation du système des aides PAJEMPLOI jusqu’à ce que l’enfant ait 10 ans.
  38. Favoriser le transport de marchandises par la voie ferrée.
  39. Pas de prélèvement à la source.
  40. Fin des indemnités présidentielles à vie.
  41. Interdiction de faire payer aux commerçants une taxe lorsque leurs clients utilisent la carte bleue.
  42. Taxe sur le fuel maritime et le kérosène.
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Black Friday, bloody Friday

23 Novembre 2018 , Rédigé par Marc

On est enfin à ce jour qui magnifie la contradiction de nos sociétés.

 

Alors qu’on nous met en garde tous les jours contre l’obsolescence programmée de notre unique planète, notre société de sur-consommation nous intime l’ordre de consommer jusqu’à plus savoir qu’en faire en ce jour de Black Friday… Et cela sous le regard bienveillant de nos législateurs.

 

En clair, les drogués que nous sommes sont non pas mis sous surveillance mais bel et bien encouragés afin de faire tourner une économie du non sens. Economie du non sens car sans croissance, sa systémique déraillerait douloureusement d’autant plus que les outils de redistribution disparaissent un à un. 

 

Comme Alain Juppé on peut légitimement se poser la question de la survie d’une société qui voit « un niveau d’inégalité qui devient insupportable ». Le constat est intéressant mais on peut s’interroger quand on se rappelle que cet ancien premier ministre a encouragé des politiques qui ont de facto contribué à ce résultat.

 

Cette posture d’Alain Juppé devient lui aussi un gymmick pratiqué par d’autres et même chez les mastodontes de l’économie mondialisé.

 

Un exemple pas très ancien, celui d’Amazon. Son patron, Jeff Bezos, semble avoir entendu l’appel du démocrate Bernie Sanders visant à augmenter substantiellement le salaire de ses employés américains.

 

Dans un bel élan philanthrope, Bezos a décidé de doubler le salaire des petites mains… C’est beau, c’est généreux, on y croirait presque… presque. Car regardons un peu en arrière ; Amazon a été créé en 1994, son développement a été accéléré par la frénésie de la période 1998-2000 où tout ce qui approchait l’Internet a permis de forte capitalisation boursière. En 2017, Amazon a réalisé un chiffre d’affaire de 180 milliards de dollars. Hier son activité était centrée sur les biens culturels, aujourd’hui elle vient tailler des croupières aux anciens géants de la grande distribution. Son ambition dans ce domaine, tendre vers des magasins sans employés comme pour l’ensemble de son activité…  Vous voyez venir la petite chose rigolote…

 

Aujourd’hui, Amazon c’est quelques 542.000 employés... et 75.000 robots… l’objectif plus ou moins avoué est de tendre à terme vers un nombre d’employés bien moins important… dès lors on peut se poser la question de la place de l’humain sur l’ensemble de la chaine logistique. Ce qui veut dire qu’à l’horizon de 10 ou 15 ans, monsieur Bezo si il a augmenté aujourd’hui « ses » employés, il devrait malgré tout réaliser de belles économie en main d’œuvre.

 

Dans le même ordre d’idées, depuis quelques mois on teste des poids lourds autonomes qui vont de la cote Est à la cote Ouest. Utopie ? Délire ? Malheureusement non, il y a quelques jours, on apprenait qu’en Norvège on passait au stade opérationnel des poids lourds autonomes.

  

Black Friday, bloody Friday… symbole de la folie consumériste de notre époque. Plus que jamais et sur biens des aspects, se pose la question du « pour combien de temps encore ce système, qui s’autoconsume, est viable ? »

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Insécurité et Gilets Jaunes… tombeau des désillusions.

20 Novembre 2018 , Rédigé par Marc

Il y a quelques jours, je parlais d’émergence d’un nouveau monde bipolaire. Le hasard des écrits faisant parfois bien les choses, depuis quelques jours est apparu dans notre vocabulaire, les Gilets Jaunes.

 

Il ne se passe plus un jour, sans qu’on essaye de nous expliquer, ce qu’il est. A cette heure, la seule certitude que nous pouvons avoir, c’est qu’il se révèle être la quintessence d’un mouvement atomisé. Deuxième certitude, une certaine cécité des politiques et des syndicats à comprendre ses ressorts et plus particulièrement pour le pouvoir en place.

 

Ce constat devient également un invariant quelque soit le gouvernement en place. Avec néanmoins une différence de taille avec ce qu’on a connu dans le passé, un parti de gouvernement faiblement structuré et des relais locaux tout aussi inexistant. A ces deux handicaps, on est tenté d’en ajouter un troisième, une sociologie militante en complet décalage avec la réalité sociale du pays.

 

Au fond, on serait tenté de penser que LREM est en train de vivre en accéléré ce que les partis de l’ancien monde ont connu en quelques décennies, avec le risque bien réel d’en connaître les mêmes cruelles désillusions.

 

Autre parallèle intéressant à observer la réaction des militants LREM vis à vis des gilets jaunes, qui est en bien des points identiques aux militants socialistes des années 90 quand on osait aborder la question de l’insécurité. Ceux qui bravaient cet interdit se voyaient au mieux accuser de faire le jeu du Front National au pire d’être devenu des cryptos fascistes.

 

S’il a fallu près de 15 ans au PS pour s’effondrer du fait d’un socle en rien comparable à celui de LREM aujourd’hui, force est de constater que le collapse a bien eu lieu. Alors sans vouloir faire l’oiseau de mauvais augure, il est fort possible que le résultat soit le même mais dans un laps de temps beaucoup plus court.

 

Seule chance pour LREM, le discrédit qui frappe les anciennes formations néanmoins miser sur ce seul fait peut être particulièrement dangereux pour la suite. D’autant plus quand d’autres informations viennent parasiter la communication officielle.

 

Par nature quand un mouvement est suivi avec attention par les citoyens, toute information en lien directe ou indirecte avec ce dernier, prend un écho encore plus important. C’est probablement le cas avec Carlos Ghosn – Patron de Renault Nissan – arrêté pour suspicion d’abus de bien social. Comme le disait François Mitterrand, la politique est avant tout une affaire de symbole, et celle-ci n’est pas neutre, loin s’en faut.

 

Autre problème, un chef de gouvernement qui devant les français tient un discours où l’essentiel du propos se résume à un laconique « je vous ai entendus mais je garde le cap ». Attitude très juppéiste – on en attendait pas mois ne lui – mais on sait comment elle a fini…

Si au final, rien à ce stade ne permet d’entrevoir l’issue des Gilets Jaunes, d’aucun aurait tort de n’y voir qu’une bande de gueux illettrés mue par la seule revendication d’une essence trop chère.

 

Comme tout mouvement, il est complexe composé de multiples agrégats ; par des individus très divers tant dans leur expression que dans leur rapport à la vie politique. Et ce serait une faute d’analyse majeur de le balayer d’un simple revers de main.

 

Il traduit peut-être davantage le désarroi de beaucoup de français de n’être plus entendus par les politique… le mouvement des sans voix… peut être.

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Sur la démission des maires et de la démocratie en général.

16 Novembre 2018 , Rédigé par Marc

Une étude récente  dévoile que que près de la moitié des maires ne souhaitent pas se représenter lors des prochaines municipales de 2020.

 

Incontestablement, le mandat de maire est probablement le plus difficile, il revêt tant d’aspects et ce quelque soit la taille de la ville, qu’il ne peut souffrir d’aucun écart en matière d’investissement personnelle. Et c’est peut aussi pour cela que c’est, à mon sens, le plus beau et qu’il n’est pas à la porté de tout le monde, moi le premier.

 

C’est peut être aussi pour cela que le maire reste le représentant politique le plus apprécié des citoyens. C’est peut aussi pour cela qu’il est jusqu’à maintenant un des plus prisés par le personnel politique.

 

Mais aujourd’hui, ce mandat semble aussi frappé par la crise des vocations. Quand on suit la vie politique, on sait que cet n’est pas nouveau avec notamment une juridiarisiation de plus en plus prononcée vis à vis de la fonction. Sans parler d’une réalité de plus en plus cruelle sur les marges de manœuvres des maires sur la vie de leur commune qui elle dépendent de plus en plus des grands ensembles techno-administratifs.

 

Force est de constater une accélération notable de ce phénomène avec la fin de la taxe d’habitation… qui finit d’achever l’autonomie relative de la collectivité vis à vis de l’Etat – déjà le transfert de la taxe professionnelle avait mis à mal cette dernière -. Dernière coup, le mécanisme de l’Etat visant à limiter les hausses du budget de fonctionnement qui est souvent la résultante d’un investissement.

 

Bref depuis près de 20 ans… le pouvoir des maires a été passablement rogné au point que certains se considèrent comme de simples plantes d’ornementation alors qu’une mairie devient la dernière lumière allumée à laquelle on ose encore demander des solutions rapides et pérennes. Bref, le maire doit solutionner la quadrature du cercle sans en avoir les moyens. Dans ces conditions, on comprend bien que beaucoup aient le désir de jeter l’éponge.

 

Au demeurant, cette réalité traduit un symptôme qui s’aggrave celui d’un système démocratique englué dans une crise profonde et qui ne cesse de s’aggraver et où on ne voit aucun signe permettant un peu d’optimisme… bien au contraire.

 

Gilets jaunes, atomisation de la société, corps intermédiaires frappés d’illégitimité, abstention record, partis politiques nouveaux ou anciens enfermés dans une tour d’ivoire où règne la loi du silence et de l’a-démocratie.

 

Naïvement, on pouvait penser qu’avec l’émergence d’Internet et de sa généralisation – avec les réseaux sociaux – s’ouvre de nouveaux champs des possibles malheureusement, on n’a pas encore dépassé le stade des balbutiements – en restant optimiste -. Au contraire, on a le sentiment d’assister à un repli généralisé où il devient impossible d’échanger sans invectiver celui qui n’est pas d’accord avec soi.

 

Attentif aux réseaux sociaux depuis près d’une dizaine d’années, j’observe avec consternation la dégradation de ces derniers en matière de politique. Avec ce mouvement des « gilets jaunes », on passe un cran supplémentaire… du non respect de l’autre, on est désormais au mépris caractérisé sans la moindre retenu et ce de la part de militants que je suis depuis de longue date. J’avoue non seulement une complète incompréhension mais aussi une totale sidération.

 

On ne cherche plus à convaincre… on veut seulement discréditer, piétiner, humilier l’autre. Et cette tendance n’est pas propre aux seuls militants, c’est désormais le cas de dirigeants.

 

Tout ces signaux, ces réalités font que plus jamais le système démocratique est dans une crise majeure dont on peine à percevoir des jours plus chantants.

 

Nous sombrons… jusqu’où ?

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13 novembre 2015

14 Novembre 2018 , Rédigé par Marc

C’était il y a 3 ans et pourtant le souvenir de cette soirée est toujours là, pesante et iréelle.

 

Exceptionnellement nous étions chez nous ce vendredi, en famille nous regardions la télévision. Si je n’ai pas souvenir du programme, je me souviens encore des premières notifications sur twitter. L’attentat de Charlie était encore dans nos têtes je ne pouvais y croire, l’information se diffusant tel un tsunami, nous basculons sur une chaine d’informations continues.

 

L’Horreur est bien là, la bêtise sanguinaire, jamais assouvie, est revenue. Nous sommes interdits devant les images, nous ne réalisons pas car comment réaliser l’impensable.

 

Quelques mois plus, dans une chambre d’une maison d’hôtes, profitant d’un week-end à deux… c’est Nice…

 

Aujourd’hui, comme hier, ce n’est pas tant la peur qui rythme mon quotidien mais cette pensée lancinante… rien ne change voire même si chaque jour qui passe ne nous enfonce toujours pas un peu plus loin dans un épais brouillard où les peurs, les appels à la haine de l’autre prennent le sur tout le reste.

 

Des élections inquiétantes un peu partout dans le monde, de la fausse « reddition » des mouvements intégristes, de l’extension d’autres comme ce fameux évangélisme. Rien ne permet de percevoir un quelconque espoir.

 

L’opti-pessimiste que je pense être laisse la place rt au pré-pessimiste. Et ce n’est pas avec les fronts de l’environnement ou de l’Intelligence Artificielle que cet état d’esprit peut évoluer positivement.

 

A cela s’ajoute, un sentiment d’impuissance tant l’individu, et sa chimère que serait la somme des actions individuelles soit plus efficiente, face à l’action collective écrase toute ambition d’avenir commun.

 

Au fond, si désormais les machines sont désormais capables d’apprendre de leurs erreurs ; les êtres humains en sont incapables. Déjà, on avait crû au sortie de la boucherie de 14-18 que c’était la Der des Der. Nouvelle de notre incapacité.

 

Et La guerre de très basse intensité que nous livrons à la nature risque de laisser sur le carreau son seul protagoniste.

 

Sinon, je suis de bonne humeur 😉

 

 

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Un nouveau monde bipolaire.

9 Novembre 2018 , Rédigé par Marc

Avec la fin du communisme, nous devions assister à la fin de l’histoire mais les crises économiques en ont décidé autrement. Et ce d’autant plus que depuis, les problématiques de déclassement social, territorial et de questionnement « identitaires » n’ont fait que croitre au sein des classes moyennes et populaires.

 

Et il faut le reconnaître, la gauche social démocrate est complètement passée à travers ces peurs, réelles ou tout au moins ressenties. Tout au moins pour ses dirigeants, ceux qui suivent les blogs depuis 2007, savent que nous étions quelques uns à tirer avec vigueur sur la sonnette d’alarme en essayent de faire remonter les différents signaux qui laissaient présager de sa chute. On y est, il faut donc faire avec.

 

De fait, à la place d’un monde coupé entre deux idéologies, nous avons vu émerger un monde toujours bipolaire où la fracture s’opère entre centre et la périphérie et ce au sein d’un même territoire. Où le fossé se creuse entre une infime partie de la population totalement intégrée à l’émergence du « citoyen » monde relativement fortuné et agile et une forte proportion d’a-citoyens toujours plus précarisé qui tend à recroqueviller sur son groupe, vu comme une protection vis à vis d'un monde de moins en moins accessible.

 

Christine Lagarde « Les élites n’ont pas conscience de qui se passe » Les Echos 9.11.2018

 

Italie, Etats Unis, Brésil, France, Pologne… il semble que les situations électorales se ressemblent avec l’émergence d’une révolte « populaire », et pas forcément populiste, qui parvient à agréger des peurs et aspirations diverses. Trump avait réussi a faire basculer les terres ouvrières acquises aux Démocrates, Gérald Andrieux dans son périple à la rencontre du peuple des frontières a montré qu’Emmanuel Macron n’a pas convaincu, loin s’en faut. Et force est de reconnaître, que 18 mois après son élection, ce peuple des territoires est plus proche d’une défiance durable que d’une bienveillance attentiste.

 

Cette défiance n’est pas propre à la seule politique d’Emmanuel Macron, elle s’inscrit désormais dans un temps plus long. Elle semble désormais s'articuler sur une rupture nette entre les citoyens et ses élites. Aujourd’hui, elle se cristallise autour du prix de l’essence, des bonnets rouges, aux gilets jaunes. Ces jacqueries seraient, pour certains observateurs, militants, acteurs, hermétiques à toute forme de rationalité (sous la forme des statistiques officielles) or le ressenti, et souvent la réalité, de millions d’individus est fort différente.

 

La crise de 2008 trouvait son origine dans l’emballement de la bulle immobilière. La France a connu cet emballement, avec des prix et des loyers qui se sont envolés par la grâce d’un horizon toujours plus souriant. Force est de constater que ce mirage s’est largement dissipé laissant néanmoins un impact très concret sur le budget des ménages. Depuis cette date, on ne compte plus les demandes d’effort de toute nature… l’essence chez nous peut être cette étincelle qui embrase cet océan d’incompréhension et de malentendus. Une réalité… et des peurs diffuses… la question de l’environnement et certains peuvent toujours tenter de mettre en contradiction cette question avec la revendication sur l’essence… ces certains comptent beaucoup moins en fin de mois quand il s’agit de se rendre sur son lieu de travail… l’étalement urbain étant aussi une des conséquences de la flambée immobilière des hypercentres.

 

L’avenir de leurs enfants (des miens aussi de facto) inconsciemment fait aussi probablement partie de ces peurs diffuses. Quel avenir ? dans un monde où la place de l’humain – non doté de 140 de QI – dans le travail peut se réduire drastiquement. La réponse semble résider dans la formation, dont acte mais se former à quoi… mais aux métiers de demain… ok mais lesquels ? La réponse est moins aisée voire impossible.

 

A ce jour, à ces interrogations, à ces peurs, à ces incertitudes, les politiques « raisonnables » nous enjoint à choisir – comme depuis maintenant une vingtaine d’années – entre le camp du progrès – car le progrès est naturellement bon – et le camp des populismes –qui par opposition est le naturellement celui du mal -.

 

Car ces gens raisonnables restent sur une ligne de crête pour le moins hasardeuse si il s’agit d’offrir comme seul horizon indépassable ce monde des quelques uns globalisé et connecté et pour le plus grand nombre, précarité et concurrence exacerbée.

 

C’est d’ailleurs toute l’intelligence d’un Trump ou d’un Salvini, et quoiqu’on pense de leur politique réelle ou supposée, en préférant à leur manière s’adresser à ce plus grand nombre.

 

Combien de temps peuvent ils tenir ? Ils tiendront tant qu’aucune alternative crédible ne se constituera hors de ces deux camps progrès/populismes qui s’autoalimentent. Ou le second prend le pas sur le premier, tant apparait décharné, vidé de toute substance.

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