Navigation à vue.
Et bien, pour un président qui s’est préparé à la fonction depuis 5 ans, on ne peut pas dire que les trois premières semaines en témoignent. Et encore, à cela il faut retirer 15 jours de jogging quotidien dont on nous a rebattus les yeux et les oreilles.
Après quelques effets de manche qui ne coûtent rien (réception des partenaires sociaux, grenelle de l’environnement..), la réalité est beaucoup moins flatteuse.
Franchise santé, remboursement des intérêts… dès qu’un ministre annonce une mesure, on est certain que dans les heures qui suivent le « gouverPresident » fait une contre-annonce… et surtout on entend comme un refrain sourd sur le thème du « rien avant les législatives »… car non content de disposer d’une majorité, il faut qu’elle soit écrasante avec si possible une opposition réduite à rien, et si en plus le président pouvait désigner l’opposant officiel ce serait encore mieux. Il faut s’y habituer Sarkozy veut incarner La Politique.
Tout ce qui ne rentre pas dans ce cadre représente le mal absolu : la pensée unique… je m’amuse toujours de cette inversion du sens car il me semblait, et encore maintenant, que le paradigme qui gouverne le monde reposait sur un libéralisme économique toujours plus décomplexé où la place de l’être humain se réduit à une donnée d’ajustement. Mais bon, je dois probablement me tromper.
Quoiqu’il en soit cette navigation gouvernementale qui s’opère à vue se traduit déjà par une autre réalité, la dette va continuer à croître, ce qui a été confirmé par Sarkozy… qui réglera la note… pas lui.
Cette certitude, je la dois à Stiglitz (prix nobel d’économie et conseiller auprès de Clinton) qui, dans un de ses ouvrages, démontre que l’une des constantes des politiques libérales de Reagan et de Bush tient à l’augmentation de la dette. A la base du raisonnement, les cadeaux fiscaux offerts aux plus riches si ils sont la dette d’aujourd’hui seront les investissements de demain… c’est le même principe de Sarko… sauf que cela ne s’est jamais traduit dans les faits… et le tache du désendettement induits de ces mesures revenait aux démocrates.
Je ne veux pas refaire le procès des orientations économiques de l’UMP mais il faut tout de même admettre qu’elles sont davantage inspirées par le modèle américain des Républicains que par le modèle rhénan de la CDU. L’autre corollaire de cette politique, c’est le décrochement en terme de revenus entre la classe moyenne américaine et les plus fortunés. Une donnée cependant me semble primordiale tient à la mentalité : les américains croient au rêve américain, chez nous… beaucoup moins avec une autre différence, les « modèles » de ce rêve ont bâti quelque chose (pour pas mal d’entre eux) ; chez nous ils sont pour la plupart des héritiers... des fils de… ce qui n’est pas vraiment la même chose…
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