A mes amis centristes.
Dingue mais bien que socialiste, j’ai des amis centristes… si des vrais… élus, responsables ; pour une majorité d’entre eux, nous avons siégé dans les mêmes instances universitaires pendant quelques années.
Aussi, c’est à eux que s’adresse ce billet.
A 4 jours du premier tour, je pense que François Bayrou ne sera pas au second tour. Et ce pour différentes raisons et notamment parce que le vote socialiste ou social-démocrate (DSK, Rocard, Delors, Bockel… votent Ségolène… comme Boris et moi d’ailleurs) pèse autour de 25%, elle devrait donc être qualifiée contre Lepen ou Sarkozy… au passage un « 21 avril » à l’envers n’est pas à exclure catégoriquement.
Je ne vous demande pas, amis centristes de vous désister pour Ségolène, j’ai trop de respect pour votre engagement et votre sincérité. Les urnes doivent parler avant tout autre chose. Mais il y a réciprocité et on ne peut décemment demander aux socialistes de se désister pour Bayrou avant ce dimanche qui peut être historique.
J’ai écouté les propos de Bayrou tout au long de cette campagne et je lui reconnais du courage dans sa volonté d’émanciper le centre de la droite traditionnelle. Et il est vrai que depuis deux ans, l’UDF, en majorité, s’est posée en opposant au gouvernement UMP.
Maintenant, chez moi, subsiste une réelle interrogation… François Bayrou, vous, saurez vous aller au-delà des intentions et être suffisamment fort pour faire bouger les lignes ?
Oui, le mur se lézarde, ce n’est pas que le seul fait de l’UDF ; des personnalités de gauche ont jeté des ponts, aider à ce qu’on dépasse des clivages souvent artificielles.
Dimanche soir, en fonction des résultats, des choix vont devoir se faire, non seulement par rapport à une personnalité mais aussi et surtout par rapport à une certaine vision de la France… et ce n’est pas faire injure à François Bayrou de dire que son projet n’est en rien comparable à celui de Nicolas Sarkozy.
Ma crainte réside dans le poids des appareils et habitudes des responsables, des élus… c’est une réalité pour le Parti Socialiste, cela l’est également pour l’UDF.
Il ne s’agit pas de faire le « bon » choix mais celui qui permettra que s’ouvre une nouvelle étape pour la société française, pour notre démocratie.
Voilà ce que j’avais à vous dire, mes amis, pour ce dimanche, pour l’après 20 heures.
Pour beaucoup d’hommes et de femmes de gauche, Ségolène représente un appel d’air sur des pratiques et des méthodes un « peu » désuètes ; il en est de même pour François et son parti du centre renouvelé.
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