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Marc Vasseur (Journal à quatre mains)

Deux candidats, deux France.

13 Février 2007 , Rédigé par Marco Publié dans #Archives- Présidentielles 2007 -

J’entendais ce matin Max Gallo se pâmait… à la limite de l’érection… en prononçant le mot nation… et que bien entendu il avait retrouvait cela chez Sarkozy… à la limite je peux admettre cette logorrhée sur « l’ADN »… concept qu’il utilise pour tenter de définir ce qu’est la France ancestrale… là où j’ai du mal à suivre c’est ce soutien.
Les banlieues ont explosé, le sentiment collectif se délite, la solidarité tend à disparaître au profit de l’égoïsme… pourtant jusqu’à preuve du contraire… nous avons un gouvernement qui aime se payer de mots et d’illusions dont Sarkozy en est membre depuis le début… là je ne comprends pas.
Si le fait de citer Jaurès, Blum, de Gaulle suffit à son bonheur… soit mais quand on creuse, il ne faut pas être grand clerc pour s’apercevoir que ce qui sous-tend au programme UMP c’est l’exacerbation de l’individualisme et le laisser faire pour les plus fragiles.
Oui il y a bien deux France qui s’affrontent, deux visions de la France, en forçant le trait et en m’appuyant sur les mesures phares des candidats, la France du bouclier fiscal face à la France du bouclier logement. Et je ne pense pas qu’un Jaurès, un Blum se retrouverait dans la première. De même, Sarkozy estime que les français ne sont pas assez endettés, qu’ils ne pratiquent pas assez le crédit à la consommation, vielle antienne importée des USA, pourtant plusieurs rapports lancent un cri d’alarme sur la hausse continue du surendettement…comprenne qui pourra…
Très honnêtement, je peux très bien comprendre qu’on défende une vision «inégalitaire » et individualiste de la société mais alors que notre modèle depuis la Libération s’est construit sur une certaine idée de la cohésion sociale je m’interroge sur ces intellectuels de « gauche » qui en viennent à voire dans Sarko un nouvel homme providentiel. D’autant plus que le modèle américain repose sur un patriotisme qui n’est pas comparable au notre… sur tous les points.
Ce n’est pas une poignée de privilégiés qui crée le sentiment d’appartenance à France, c’est les citoyens, tous les citoyens et mon incompréhension est totale sur le fait que davantage de précarité (ah oui le contrat unique… nul doute qu’on y trouvera au moment de la mise en décret…un court paragraphe sur la notion de mission) puisse redonner un fort sentiment d’appartenance à la France « ancestrale ».
Ce que je constate en relisant le discours de Ségolène Royal, c’est qu’il y a également la volonté de développer un principe de solidarité active qui implique des droits mais également des devoirs (je sais une certaine gauche n’aime pas) et pour ma part, au regard de la crise morale que nous traversons, j’aime assez ce principe de contrat entre la République et le citoyen.
Enfin, sur la grandeur de la France… et sans parler de raffle… je ne sais pas si les images de gendarmes et de policiers allant récupérer de force des jeunes enfants dans les écoles aident à la bonne image de notre pays dans le monde. La France des lumières c’est aussi, monsieur Gallo, celle qui tend la main en direction des opprimés… et non avec la seule volonté de piller ses élites… quoique cela peut être un énième avatar du colonialisme.
PS : bon ça doit avoir ni queue, ni tête, je m’en excuse. Panne de batterie en rentrant de partiel hier soir (21h)… Ivan nous a réveillés 4 fois cette nuit, et Gabriel s’est « mis en route » à 5h30… nous somme un peu fatigués… :)

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B
IL y a pire dans la prestation de Sarkozy, qui aurait dû être brocardée par les journalistes, naturellement, mais aussi par tous ceux qui se réclament de l'Etat de droit. <br /> même si cela relève de la routine, et si cela suscite les applaudissements de deux ou trois "simplets" dans la salle : l'éternelle phrase sur la France, on l'aime ou on la quitte. Il est de temps de déplier vraiment cette phrase dans toutes ses implications, pour dire ce que fait Sarkozy quand il l'utilise. il est temps de dire qu'avec ce principe, il en est resté en 1930. Et que rien ne peut nous prémunir, si quelqu'un qui use de ces arguments pour accéder au pouvoir, contre les abus de pouvoir les plus indignes et les discriminations les plus odieuses, une fois arrivé au pouvoir. On peut être sceptique, on peut hausser les épaules, dire qu'on n'est plus dans les années 1930, etc... Voire. Le problème n'est pas là. Cette phrase est odieuse, parce qu'elle est fausse, qu'il le sait, et donc qu'elle est dangereuse. Il n'a jamais été interdit à un Français de haïr son pays. Il ne déchoit pas de sa nationalité pour autant, et il n'est pas pour autant condamné à l'exil, ni au silence, ou à la déchéance de ses droits civiques. Dans notre Etat de droit, celui auquel l'avocat Sarkozy ne comprend rien, ou fait mine de ne rien comprendre, , pire, qu'il humilie avec ce genre d'insanité, il n'est pas question d'amour, de sentiment, d'attachement : on est Français de droit, et on ne peut déchoir un Français de ses droits sous prétexte qu'il n'aimerait pas son pays. Qu'un tel ou un tel n'aime pas son pays est invérifiable, et accuser quelqu'un de cette indignité ne peut être fondé autrement que par une inquisition fondée sur  des signes extérieurs, des manières de vivre, des attitudes, des caractéristiques personnelles. Nicolas Sarkozy, parce cette insanité, rend inévitable l'idée selon laquelle il y a des Français qui sont plus Français que d'autres parce qu'ils aimeraient leur pays, c'est à dire qu'ils penseraient, vivraient, agiraient à la manière française. Un raisonnement de ce type a amené à déchoir des centaines de milliers de Français de leur nationalité, dans les années 1930 puis surtout 1940, et à les discriminer radicalement, jusqu'à les faire disparaître. <br /> le raisonnement est le même pour les étrangers : un étranger admis sur le sol national n'a pas besoin, en droit, dans un Etat de droit, d'aimer le pays où il est. S'il est légalement admis, aucun autre principe, aucune qualité spécifique de comportement n'est requise. Le droit et le sentiment ne sont pas la même chose, et le sentiment n'est pas un critère pour l'Etat de droit. Qu'un étranger respecte la loi , certes, mais comme tout Français. Là encore, aucune différence. Aucune différence pour l'Etat de droit, pour la République, pour la liberté politique. NAturellement pour la République idéale, pas celle du RPR et de l'éducation politique de Nicolas Sarkozy, doit doit beaucoup plus au legs de Pinay, du maurrassisme affadi des Indépendants qui constitue la référence historique des conservateurs français, même sous le masque gaulien et les faux semblant modernisateurs. <br /> je crois vraiment que "la France aimez la ou quittez la" est une indignité, une insanité politique, que nous ne pouvons pas tolérer. Sarkozy, comme le RPR dont il est le pur produit , n'a que les années 1930 comme référence politique réelle. Je ne pensais pas cela hier encore, je me disais qu'il ne fallait pas exagérer. Il me semble pourtant que sa réalité est bien claire. Le personnage est vide, certes, pour l'essentiel. Mais la seule substance qu'on repère sous la trame usée des sourires est celle du conservatisme autoritaire nationaliste : manipulation des symboles identitaires, de l'ethnicisme latent, puritanisme sexuel catholique, moralisme autoritaire ,  rhétorique de la guerre intérieure contre la délinquance, et simplisme de bon père de famille en fait d'économie.
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N
je la trouve toujours aussi bien et même elle assure mais franchement les médias : il me gave sévère, heureusement qu'il y a des gars comme toi qui disent qqoqcp et font entendre la voix des vrais gens
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M
je ne sais pas si on peut me qualifier de vrais gens.... j'essaye juste d'être un peu citoyen... partisan il est vrai