Deux candidats, deux France.
J’entendais ce matin Max Gallo se pâmait… à la limite de l’érection… en prononçant le mot nation… et que bien entendu il avait retrouvait cela chez Sarkozy… à la limite je peux admettre cette logorrhée sur « l’ADN »… concept qu’il utilise pour tenter de définir ce qu’est la France ancestrale… là où j’ai du mal à suivre c’est ce soutien.
Les banlieues ont explosé, le sentiment collectif se délite, la solidarité tend à disparaître au profit de l’égoïsme… pourtant jusqu’à preuve du contraire… nous avons un gouvernement qui aime se payer de mots et d’illusions dont Sarkozy en est membre depuis le début… là je ne comprends pas.
Si le fait de citer Jaurès, Blum, de Gaulle suffit à son bonheur… soit mais quand on creuse, il ne faut pas être grand clerc pour s’apercevoir que ce qui sous-tend au programme UMP c’est l’exacerbation de l’individualisme et le laisser faire pour les plus fragiles.
Oui il y a bien deux France qui s’affrontent, deux visions de la France, en forçant le trait et en m’appuyant sur les mesures phares des candidats, la France du bouclier fiscal face à la France du bouclier logement. Et je ne pense pas qu’un Jaurès, un Blum se retrouverait dans la première. De même, Sarkozy estime que les français ne sont pas assez endettés, qu’ils ne pratiquent pas assez le crédit à la consommation, vielle antienne importée des USA, pourtant plusieurs rapports lancent un cri d’alarme sur la hausse continue du surendettement…comprenne qui pourra…
Très honnêtement, je peux très bien comprendre qu’on défende une vision «inégalitaire » et individualiste de la société mais alors que notre modèle depuis la Libération s’est construit sur une certaine idée de la cohésion sociale je m’interroge sur ces intellectuels de « gauche » qui en viennent à voire dans Sarko un nouvel homme providentiel. D’autant plus que le modèle américain repose sur un patriotisme qui n’est pas comparable au notre… sur tous les points.
Ce n’est pas une poignée de privilégiés qui crée le sentiment d’appartenance à France, c’est les citoyens, tous les citoyens et mon incompréhension est totale sur le fait que davantage de précarité (ah oui le contrat unique… nul doute qu’on y trouvera au moment de la mise en décret…un court paragraphe sur la notion de mission) puisse redonner un fort sentiment d’appartenance à la France « ancestrale ».
Ce que je constate en relisant le discours de Ségolène Royal, c’est qu’il y a également la volonté de développer un principe de solidarité active qui implique des droits mais également des devoirs (je sais une certaine gauche n’aime pas) et pour ma part, au regard de la crise morale que nous traversons, j’aime assez ce principe de contrat entre la République et le citoyen.
Enfin, sur la grandeur de la France… et sans parler de raffle… je ne sais pas si les images de gendarmes et de policiers allant récupérer de force des jeunes enfants dans les écoles aident à la bonne image de notre pays dans le monde. La France des lumières c’est aussi, monsieur Gallo, celle qui tend la main en direction des opprimés… et non avec la seule volonté de piller ses élites… quoique cela peut être un énième avatar du colonialisme.
PS : bon ça doit avoir ni queue, ni tête, je m’en excuse. Panne de batterie en rentrant de partiel hier soir (21h)… Ivan nous a réveillés 4 fois cette nuit, et Gabriel s’est « mis en route » à 5h30… nous somme un peu fatigués… :)
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