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Marc Vasseur (Journal à quatre mains)

John Coltrane.

16 Juillet 2007 , Rédigé par Marco Publié dans #Bouquin-Musique

Il y a bien un avant et un après JC.
Après un extrait de Pat Metheny, il me paraissait inconcevable de ne pas vous faire partager celui qui règne en demi Dieu dans mon univers musical, même si je n’ai pas le talent d’écriture de Dorham pour parler de musique…
La découverte du cas Coltrane s’apparente n’est pas le fruit d’un hasard mais plus sûrement le choc d’une voix… pour moi c’est le seul saxophoniste dont on peut affirmer que sa sonorité est le prolongement de son âme, où l’être humain se confond avec son instrument, l’un et l’autre devenant indissociable.
Si ma mémoire ne me trahit pas, c’est à l’achat de mon troisième cd classé « jazz » que j’ai cette révélation. Ces nouvelles terres d’explorations, je l’ai doit à quelques soirées enfumées… 18/19 ans, c’est Thierry qui nous a fait écouter pour la première fois Metheny (si mes souvenirs sont bons David…) … De cette soirée, j’ai couru à l’essentiel, revenir avec Travels et Question and Answer. Sur ce dernier, un thème (à l’époque je disais morceau…) a capté mon attention… Solar de Miles Davis… c’est à ce moment où j’ai basculé du coté de la face noire…. Mon premier Miles… plus qu’un classique… une fulgurance incandescente… Kind of Blue… et ce son… énorme… John Coltrane… à la première note… c’est une chose que je n’explique pas… je n’ai jamais cherché à aller très loin dans le Métal… qui jouait avec qui et quoi… certainement mauvaises langues trouveront sans doute cela normal… est ce de la musique ? A peine en possession de quelques cds, j’ai eu l’envie irrésistible de me plonger dans le détail… et d’approfondir celui qui m’a titillé… une sonorité… un thème. A la première note, donc… j’ai cherché… et je me suis très vite retrouvé avec Live in Japan repiqué à la médiathèque… mais à vouloir aller trop vite, on peut se perdre, submergé par ses torrents d’humanité. Pour moi Coltrane c’est ça… le seul qui parvient à l’humanité à travers sa musique mais avant retour aux fondamentaux pour y revenir ensuite… My Favorite Things, Giants Steps, Impression et cet envoûtant India.On ne ressort pas indemne d’Interstellar Space, de Sunship… pour l’approcher, il faut cheminer dans une sorte de work in progress … c’est la clé de Coltrane, une quête permanente, ce n’est pas une musique de l’instant, d’une circonstance… si le jazz représente l’improvisation, elle n’est en rien improvisée ; elle se construit sur le temps, sur l’instant…
Avec mes 37 ans… de Coltrane, je n’ai que quelques images et cds… et un souvenir de conseiller municipal… Marianne revenait d’Afghanistan et elle organisait au pied de l’Hôtel de Ville une manifestation en faveur des femmes Afghanes avec en point d’orgue l’autodafé d’une Bourca… elle m’a demandé si je pouvais lui trouver une musique qui accompagne ce moment… ce fut pour moi une évidence… Alabama… ce long cri d’effroi et d’espoir de Coltrane à la suite de l’incendie provoqué par le Ku Kux Klan dans une église noire où adultes et enfants périrent… je garde en mémoire ce moment où sur la place Salvador Allende on écouta Alabama devant une bourca qui se consume… beau et poignant… oui la musique de Trane tend à l’Humanité…ça dure 6 mn…    

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D
Je n'aurai pas mieus dit, Marc.Une voix, c'est indubitable.Coltrane parvient, sans mots (mais les notes en sont en fait), avec Alabama, à décrire très puissamment, très intelligiblement, des sentiments très complexes, de colère contenue, de gravité, d'amour, de compassion, d'empathie, d'affirmation d'identité,de réflexion, de méditation sur la condition humaine,sur la violence aveugle, l'gnorance qui conduit les hommes à de pareilles atrocités.Et puis, il y a une autre voix derrière celle de Coltrane.Le jeu contracté, bourrasque, d'Elvin Jones. Ces marmonnements incatatoires, fréquents, mais qui sur ce mroceau, ressemblent à une prière.Et puis, il y a l'humilité de Mc Coy Tyner, et la simple tension qui parcourt sa ligne mélodique. C'est immense ce morceau. Beau et effroyable à la fois.
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M
merci d'avoir traduit ce que je ne pouvais expliquer sur le jeu d'Elvibn Jones et de McCoy Tyner... c'est exactement cela...