Mort du Modem ?
En un mois, le parti de Bayrou perd plus de 10 points ; Le parti de fantômes d’Hervé Morin va retrouver peu ou proue l’ensemble des anciens amis de Bayrou sur les bancs de l’Assemblée ; rien depuis le 6 mai n’a fait bouger les lignes entre le PS et le Modem ; 2 députés pour incarner le Modem… Tout cela concourt à dire que ce parti peut sembler mort né.
Dans ce naufrage de court terme, il est difficile d’en tirer les causes et les responsabilités… sans doute dans l’attitude de Bayrou mais aussi dans celle de Hollande et sa posture un rien sectaire, ce dernier trouvant son alter ego en la personne de Marielle de Sarnez (la numéro du modem).
Au fond à l’image d’une primaire socialiste qui arrivait bien trop tard pour que les plaies béantes puissent se cicatriser ; les premiers ponts jetés entre Royal et Bayrou durant l’entre deux tours semblaient trop précipités pour être honnêtes.
Et maintenant ? pour l’instant rien.
Quoiqu’on en pense, ce modem vieux de trois semaines est le troisième parti… en ces temps de grosse vague bleue et de bipolarisation de la vie politique… c’est tout de même intéressant pour être signalé.
Le « calcul » de Bayrou n’est pas, à mon avis, à analyser sur quelques mois mais bien sur la durée… d’autant que les prochaines échéances (municipales, régionales, européennes) sont beaucoup moins sensibles à l’effet d’écrasement mécanique du scrutin uninominal à deux tours… et c’est davantage sur ceux-ci qu’on pourra alors dire de cette aventure si elle était vouée à l’échec ou non. Son pari est à 5 ou 10 ans, non à 1 mois.
D’autres interrogations se font jour auxquelles je ne peux répondre, n’étant pas un adhérent du Modem. Le Modem saura-t-il faire fructifier et conserver son nouveau socle de militants ? Ce n’est pas une question anodine, elle se pose aussi pour les nouveaux adhérents du PS. Les dirigeants du Modem seront-ils en mesure de faire vivre une vie démocratique interne, en phase avec les nouveaux modes de vie ? C’est vrai pour eux, cela l’est également pour le PS. Face à l’UMP et sa tentation hégémonique, pour exister la question des alliances est centrale ; la ligne du coup par coup est elle viable sur le long terme, et l’UMP ne semble pas enclin à le laisser survivre ? Elle se pose en ces mêmes termes pour le PS.
Toutes ces questions sont cruciales pour l’avenir du Modem et sa pérennité. A contrario de certains de mes camarades pour qui ce parti est déjà mort, je préfère comme Mitterrand (tout arrive à un rocardien) laisser du temps au temps.
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